Mettre en place un système RAG : le guide complet pour transformer vos données en copilote IA

L’IA générative a franchi un cap. Mais un modèle comme GPT-4, Claude ou Mistral, aussi puissant soit-il, ne connaît pas votre entreprise, vos produits, vos documents, vos contraintes légales ou vos clients.

Pour rendre un modèle utile en contexte réel, il faut le nourrir en temps réel avec vos données. C’est exactement ce que permet un système RAG (Retrieval-Augmented Generation).

Aujourd’hui, des entreprises de toute taille — SaaS, marketplaces, agences, cabinets de conseil, éditeurs — mettent en place des systèmes RAG pour transformer leurs documents internes, bases CRM, bases produits, connaissances métiers en réponses automatiques fiables, personnalisées et scalables.

Voici un guide complet pour comprendre, concevoir et déployer un RAG dans votre entreprise ou dans votre produit.


Pourquoi un simple LLM ne suffit pas

Les modèles comme GPT-4 ou Claude sont entraînés sur des corpus publics. Ils sont puissants, mais :

  • leurs données s’arrêtent à une date fixe (ex : août 2023 pour GPT-4),
  • ils ne connaissent pas vos contenus internes (fiches produits, process, CGV, doc technique…),
  • ils ne peuvent pas inventer une réponse spécifique à votre business sans halluciner.

C’est là qu’intervient le RAG : une architecture où l’IA va d’abord chercher l’information dans votre base documentaire, avant de générer une réponse avec.


Qu’est-ce qu’un système RAG ?

RAG = Retrieval-Augmented Generation.
Deux étapes fondamentales :

  1. Retrieval : l’IA interroge une base de données (vectorielle) pour trouver les documents les plus pertinents face à une requête.
  2. Generation : elle rédige une réponse en langage naturel en s’appuyant uniquement sur ces documents.

Vous ne modifiez pas le modèle. Vous lui ajoutez une mémoire externe dynamique.

Résultat : une IA qui ne sait pas tout, mais répond de façon fiable sur ce qu’elle connaît.

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Quand mettre en place un RAG ?

Dès que vous avez l’un des cas suivants :

  • Un corpus documentaire interne (support, RH, juridique, produit…)
  • Une base de connaissance clients ou produits
  • Une volonté de créer un assistant IA spécifique à votre business
  • Un besoin de répondre en langage naturel à partir de documents ou données structurées
  • Un besoin d’IA privée, avec contrôle des sources et de la sécurité

Étape 1 : cartographier vos cas d’usage

Avant de coder quoi que ce soit, commencez par définir l’usage concret du RAG.

Posez-vous 3 questions :

  1. Qui va interroger l’IA ? (clients, salariés, commerciaux, support…)
  2. Quelles questions va-t-il poser ? (FAQ, cas complexes, analyse, formulation…)
  3. Où l’IA trouvera-t-elle les réponses ? (PDF, CRM, base produits, emails…)

Voici quelques cas fréquents :

Cas d’usageUtilisateurSources
FAQ intelligente clientclient finalCGV, doc produit, base support
Assistant onboarding internecollaborateur RHwiki, notion, base RH
Aide à la ventecommercialfiches produit, battlecards, CRM
Conseil juridiqueéquipes internescontrats, conventions, emails
Support techniqueclient ou agentbase de tickets, guides techniques

C’est cette cartographie qui structure le reste du projet.


Étape 2 : préparer et formater vos documents

Un bon RAG commence par une bonne base documentaire.

Vous avez besoin de documents exploitables par l’IA, pas de dossiers obscurs en PDF scannés.

Checklist :

  • Centralisez vos sources : Notion, PDF, Google Docs, Excel, CRM, emails…
  • Nettoyez : supprimez les doublons, les versions obsolètes
  • Formatez : privilégiez des textes structurés (titres, paragraphes, listes)
  • Divisez les documents longs en sections logiques (idéalement avec des titres clairs)

➡️ Objectif : chaque bloc de contenu doit pouvoir être compris isolément.


Étape 3 : découper les documents en “chunks”

Une fois vos documents prêts, vous devez les découper en morceaux exploitables par l’IA : ce sont les chunks.

  • Taille idéale : 300 à 1000 tokens (~100 à 500 mots)
  • Chaque chunk = un paragraphe, une section, une réponse à une question
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Exemples de chunk :

  • “Les modalités de résiliation sont définies à l’article 3 des CGV…”
  • “Le produit X est compatible avec les navigateurs suivants…”
  • “Le salarié peut prétendre à un congé parental sous les conditions suivantes…”

Outils pour chunker :

  • LangChain
  • Haystack
  • Auto-chunking dans certains services comme Chatbase ou Danswer

Un mauvais chunking = IA confuse.
Un bon chunking = IA fluide, pertinente, précise.


Étape 4 : vectoriser les chunks dans une base spécialisée

Chaque chunk est ensuite converti en vecteur mathématique : c’est ce qu’on appelle l’embedding.

Ce vecteur capture le sens du texte, pour permettre une recherche sémantique.

Vous stockez ces vecteurs dans une base vectorielle, comme :

  • Pinecone
  • Weaviate
  • Qdrant
  • ChromaDB
  • Ou des solutions tout-en-un comme LlamaIndex, Vespa, FAISS (local)

Ces bases permettent ensuite de dire :

“Voici une question. Quels sont les chunks les plus proches sémantiquement ?”

Vous pouvez aussi stocker les métadonnées : source, date, type de document, auteur…


Étape 5 : connecter votre interface utilisateur à la base + au LLM

C’est le cœur de l’implémentation.
Vous devez relier 3 éléments :

  • L’input utilisateur (question posée)
  • La base vectorielle (qui va retourner les chunks pertinents)
  • Le modèle de génération (GPT-4, Claude, Mistral…)

Pipeline logique :

  1. L’utilisateur pose une question
  2. La requête est transformée en vecteur
  3. Les chunks les plus proches sont récupérés
  4. Le prompt est construit avec ces chunks
  5. L’IA génère une réponse

Exemple de prompt :

Voici des documents issus de nos CGV, contrats et emails internes :
[chunk 1]
[chunk 2]
[chunk 3]

Réponds à la question suivante en t’appuyant uniquement sur ces documents :  
“Un client peut-il se rétracter après 15 jours ?”

Étape 6 : gérer la réponse et l’expérience utilisateur

Maintenant que l’IA sait quoi dire, il faut gérer l’interface :

  • Afficher la réponse
  • Citer les sources (chunk + lien vers le doc)
  • Proposer une reformulation ou une nouvelle question
  • Collecter du feedback (“Est-ce que cette réponse vous a été utile ?”)
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Vous pouvez aussi enrichir avec des fonctions comme :

  • “Exporter la réponse en PDF”
  • “Envoyer à un collègue”
  • “Créer une tâche à partir de cette réponse”

Ce n’est pas un chatbot générique. C’est un assistant métier utile, rapide, traçable.


Étape 7 : monitorer, itérer, améliorer

Une fois en ligne, le vrai travail commence.

Vous devez :

  • Tracker les questions posées (fréquence, difficulté, taux de réponse)
  • Identifier les zones non couvertes (chunks manquants)
  • Corriger les hallucinations ou réponses trop vagues
  • Ajouter de nouveaux documents
  • Adapter le prompt et la température du modèle

Un bon RAG est vivant : il s’améliore à mesure qu’il est utilisé.


Stack technique possible (full no-code, low-code ou dev)

Option 1 : No-code rapide

  • Chatbase : uploader des docs, générer un chatbot, embed sur site
  • AskYourPDF, Klu.so, Humata.ai

➡️ Idéal pour MVP ou assistant interne sans besoin de personnalisation fine

Option 2 : Low-code flexible

  • Front (React, Bubble, Webflow…)
  • API OpenAI / Claude
  • Vector DB : Weaviate, Pinecone
  • LangChain ou LlamaIndex pour orchestrer
  • Zapier / Make pour triggers

➡️ Idéal pour une intégration dans un produit ou une interface sur mesure

Option 3 : Dev complet

  • Stack Python
  • API + vector store en local ou cloud
  • RAG customisé avec reranking, classification, fallback mode
  • UI front + auth + analytics custom

➡️ Pour les produits IA B2B ou cas complexes (juridique, santé, finance…)


Un RAG bien implémenté vous permet de créer une IA utile, contextualisée, alignée sur votre contenu, qui ne ment pas, ne divague pas, et vous fait réellement gagner du temps.

Ce n’est pas une feature “IA en plus”. C’est une nouvelle couche d’intelligence sur votre business.

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